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"Bonsaï" est un terme japonais que l'on peut littéralement traduire par "arbre en pot".

C'est en effet à travers la culture japonaise que le bonsaï a conquis (pacifiquement !) le monde occidental. En fait, il faut rendre aux chinois la paternité de cet art.

Arbres en pot

En Europe, on cultive depuis des siècles des plantes et des arbres en pot : plus pratiques à cultiver, ou à déplacer pour les abriter l'hiver dans les régions plus froides que celles d'origine.


Au XVIIIème siècle, quel château digne de ce nom n'avait pas son "Orangerie" ? Mais si certaines des techniques de base étaient similaires à celles du bonsaï (rempotage régulier et taille des racines pour que l'arbre ne s'étouffe pas, taille des parties aériennes pour la floraison et la fructification notamment), c'est le côté utilitaire qui était primordial.

La Chine


En Chine, dès le IXème siècle, on trouve des traces de l'utilisation de bonsaï à des fins esthétiques, et certainement symboliques, notamment dans des fresques ornant des tombes de dignitaires. L'arbre en pot (Pen-Jing) gagne alors un autre statut, il devient chargé de sens, parfois multiples et complexes pour le non-initié, comme les idéogrammes qui le représentent.

Le Japon


C'est aux alentours du XIIème siècle que le bonsaï arrive au Japon. Longtemps, ce fut un signe de richesse, les bonsaï étant réservés aux classes dominantes.

Au cours du temps, le bonsaï japonais a gagné d'autres classes sociales, et c'est au Japon que les codifications les plus normées se sont mises en place : celles-ci restent en grande partie la base des canons esthétiques dans la plus grande partie du monde, notamment dans le monde occidental.

En 1935, le bonsaï est officiellement reconnu comme art au Japon

Diffusion hors de l'aire d'origine

Asie


Outre la Chine, les "arbres en pot" sont depuis longtemps appréciés dans d'autres pays d'Asie tels la Thaïlande, la Corée, le Vietnam, etc.

Rien qu'en Chine, on distingue plusieurs écoles. Ce lien (en anglais) vous donnera une idée de la variété des approches esthétiques selon les régions : http://www.phoenixbonsai.com/BigPicture/ChineseSchools.html

On comprend donc que dans d'autres pays, outre l'aspect esthétique défini par des notions culturelles en rapport le plus souvent avec d'autres formes d'art, voire de points de vue philosophiques ou religieux, les espèces disponibles localement et le climat déterminent aussi la façon de conduire un arbre. Imagine-t-on un Ficus pousser dans le Hokkaïdo, ou un érable du Japon prospérer dans le sud de la Thaïlande ?...

De façon générale, ces bonsaï sont beaucoup plus libre de forme en apparence, et même parfois étonnants quand on les regarde d'un oeil "nippo-occidental" (voir par exemple : http://www.fff789.com/info.aspx?Page=9&id=41)

Hors d'Asie

Le Japonisme du XIXème siècle

C'est à la fin du XIXème siècle que l'Europe découvre le bonsaï. Des arbres sont présentés à Paris lors des expositions universelles de 1878, 1889 et 1900. La curiosité, l'engouement même qu'ils ont suscité a permis de les vendre ensuite aux enchères pour des sommes astronomiques pour l'époque. Il faut dire que la France, puis l'occident était en plein Japonisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Japonisme.

Puis les modes passant, les guerres se succédant, cet amour de l'exotisme s'est mué en indifférence, voire en hostilité. D'un art raffiné et proche de la nature, le bonsaï est devenu le symbole d'un cliché sur la cruauté supposée des "asiatiques", des arbres que l'on torture par plaisir.

La Renaissance du XXème siècle

Paradoxalement, c'est par les Etats-Unis que s'est propagée la (re)naissance du bonsaï dans le monde occidental juste après la guerre, notamment grâce à John Naka http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Yoshio_Naka

Depuis, le bonsaï n'a cessé non seulement de se développer, mais de progresser sur le plan technique et d'évoluer en terme d'esthétique grâce à des bonsaïka, de véritables artistes partout dans le monde qui ont su imprimer leurs émotions, maîtriser les techniques, avoir un regard personnel et novateur.

Le XXIème siècle

Dès la fin du XXème siècle, on a vu l'émergence de l'école italienne, très imprégnée des canons japonais, puis d'un style plus "naturel", et depuis la chute du rideau de fer, des Tchèques, des Polonais, des Croates, etc. de très haut niveau.

Et de la Norvège à l'Afrique du Sud en passant par le Brésil et l'Indonésie, le bonsaï a un bel avenir sur la planète ;-)

AlainK